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Nicolas Plain

En l'air pour la terre

· Interviews

Qui êtes-vous Nicolas ?

Je suis originaire d’un petit village à côté de Grenoble. J’ai 26 ans et depuis mon enfance, j’adore tout ce qui vole. J’ai commencé par réparer des avions à Grenoble à l’âge de 15 ans, puis j’ai passé mon brevet avion, avant d’aller vers le planeur et maintenant le parapente et l’ULM.

Je rêvais de devenir pilote de chasse et je m’en suis donné les moyens. Mais après un an de stage dans l’armée de l’air, j’ai compris que ce métier n’était pas fait pour moi, peut-être trop orienté vers l’exécution plutôt que la réflexion.

Je me suis alors spécialisé dans le domaine de l’environnement et du changement climatique. Une première expérience très enrichissante en conseil en stratégie me pousse à approfondir mes connaissances sur le sujet grâce à la recherche à UC Berkeley.

Un premier poste passionnant dans l’équipe interministérielle COP21 pour préparer et participer à la COP22 de Marrakech me conforte dans l’idée de m’investir dans un PhD pour parfaire mes connaissances, notamment en modélisation technico-économique, sur des solutions innovantes pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais aussi permettre à des millions de personnes de mieux vivre dans les pays en développement.

J’ai aussi voulu associer à cette démarche ma passion pour le vol « libre », en invitant à bord de mon parapente des scientifiques afin de vulgariser leurs discours pour que le grand public puisse comprendre facilement ces thématiques et réfuter les arguments des climato sceptiques. C’est ce que je fais avec mon association « En l’Air pour la Terre » (www.enlairpourlaterre.fr).

 

Quelle vision du monde vous anime aujourd’hui ?

On vit vraiment une époque formidable, dans un confort inégalé obtenu notamment grâce aux dizaines d’années post révolution industrielle. Par exemple pour moi, la possibilité de voler avec tout type d’aéronefs est incroyable !

Mais ces modes de vie ne sont pas durables, et conduisent à un épuisement des ressources naturelles et une pollution de notre environnement direct qui est celui même qui nous permet de vivre en bonne santé ! En plus, cette révolution industrielle ne profite pas à tous et dans beaucoup de pays, on n’a même pas accès à l’électricité !

Alors, ne faut-il pas prendre du recul par rapport à l’objectif de maximisation de notre confort, aux technologies qui nous l’offrent, pour plutôt se tourner vers ce qui est essentiel avec une maximisation de notre bonheur, de celui des personnes qui nous entourent, et ce tout au long notre vie ?

Chacun pourrait décider individuellement, de sortir de sa zone de confort, de chasser le superflu (que notre société de consommation nous fait croire comme indispensable), de trouver un plus juste équilibre entre bonheur et technologie et d’impulser, ensemble, un vrai changement de notre économie.

Quels sont vos rêves ?

La plupart de nos rêves sont réalisables, même ceux qui semblent les plus fous, et c’est ce qui est magnifique aujourd’hui ! Cela passe néanmoins par deux choses indispensables : une volonté ferme et une charge de travail souvent importante. Le risque est de repousser à plus tard la réalisation de ces rêves qui nous font sortir de notre zone de confort, de les enfouir au plus profond de nous, et d’attendre, attendre, attendre… jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour les réaliser. Alors n’attendons plus, fonçons tant que nous sommes en bonne santé !

Je rêvais de voler comme un oiseau et j’ai trouvé le moyen idéal pour le faire avec mon parapente.

Je veux maintenant contribuer à la résolution du problème du réchauffement climatique en participant à la création d’une société plus juste, où les avancées technologiques profitent à tous et respectent l’environnement qui est le garant de nos vies ! J’ai la chance de pouvoir le faire avec mes sujets de recherche et les équipes de personnes motivées et passionnées dans lesquelles je travaille (à Schneider Electric et dans les laboratoires de recherche) pour comprendre les différents modes de vie dans les pays en développement, les difficultés, les besoins et les solutions que nous pouvons imaginer avec eux.

Ce dont je rêve, c’est de pousser les personnes à s’investir sur ces thématiques dans leur vie personnelle et/ou professionnelle en partageant ces expériences de développement, en rendant possible leur portage et leur appropriation par la vulgarisation et par la construction d’un sens partagé autour de la préservation de notre environnement à l’échelle mondiale.

 

Quel sens voulez-vous donner à votre aventure dans les prochaines années ?

Ce qui fait sens pour moi, c’est la résolution du problème du changement climatique que nous avons hérité des générations précédentes mais que seule notre génération peut résoudre aujourd’hui. D’autant plus que cela a des effets positifs sur un grand nombre de domaines comme la santé, l’éducation, l’égalité, le développement économique.

Aujourd’hui, pour pouvoir espérer bien vivre sur Terre dans les prochaines dizaines d’année, il y a réellement urgence et c’est LE moment où nous devons agir vite. Seule notre génération peut y parvenir et cela à l’échelle mondiale.

Il faut bien sûr le faire collectivement mais nous devons tous être convaincu que nous avons réellement le pouvoir de faire changer les choses. C’est à partir de cette prise de conscience que nous pouvons commencer à créer, ensemble, une société plus juste et plus durable.

Quel est le lien entre vos envies personnelles, professionnelles, sociales ?

Il est vraiment indispensable de les concilier. C’est encore très difficile dans notre société qui ne nous pousse pas à cela, mais les choses évoluent dans le bon sens.

Les rigidités des générations précédentes sont aujourd’hui remises en cause par les notions d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle, de bien vivre au travail, de temps alloué pour agir pour des grandes causes, de créativité de chacun.

Mon équilibre se situe entre ces points avec le développement de mes connaissances sur ces sujets, les avancées pour la recherche avec les travaux du PhD, le partage avec le grand public par la vulgarisation, les voyages dans les pays en développement pour mieux comprendre les réalités de terrain et bien sûr le vol en parapente !

 

Quel est votre grand projet ?

Les prochaines années seront sans aucun doute magnifiques et toutes très intéressantes !

Mon premier grand projet est bien sûr de mener à bien mon PhD, qui se termine en 2020, pour permettre à un grand nombre de personnes dans les pays en développement d’accéder à une électricité propre, fiable et à un coût abordable grâce au développement de solutions innovantes et standardisées.

Le deuxième, est de m’investir dans la vulgarisation et la diffusion des connaissances grâce à la réalisation de film documentaires et web-series qui ont un fort impact, notamment auprès des plus jeunes. C’est ce que je vais faire avec notre association « En l’Air pour la Terre » et des documentaires de 26 et 52 minutes qui sortiront en Septembre 2018 et une toute nouvelle web-série en cours d’écriture !

Le troisième, est de partager avec le grand public tout ce qui est fait dans l’accès à l’électricité « propre » dans le monde et ce que cela implique. Un premier focus sera fait sur des géographies spécifiques en Afrique puis à l’échelle de notre planète.

Un programme chargé mais passionnant qui me permet de me réveiller chaque matin avec cette petite phrase : « encore une magnifique journée pour changer le monde ! ».

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